Le surmulot, que l'on appelle couramment « rat d'égout » ou « rat brun », est le rat que l'on croise le plus souvent à Paris et dans les communes de petite couronne. Il est installé de longue date dans le réseau d'assainissement, le long de la Seine et des canaux, et remonte volontiers vers les caves, les locaux poubelles et les cours d'immeubles dès qu'il y trouve à manger et à s'abriter.

Identifier un surmulot en quelques secondes
Son allure
Le surmulot est un rongeur massif et trapu. Le corps adulte mesure le plus souvent entre 20 et 27 cm, auxquels s'ajoute une queue un peu plus courte que le corps. Son poids tourne fréquemment autour de 250 à 500 g, parfois davantage chez les vieux mâles.
Quelques repères permettent de le reconnaître :
- un museau arrondi et des oreilles petites, qui ne recouvrent pas les yeux lorsqu'on les rabat ;
- un pelage brun-gris sur le dos, plus clair sur le ventre ;
- une queue épaisse, écailleuse, plus sombre dessus que dessous ;
- une démarche plutôt lourde, mais une grande agilité pour nager et creuser.
Ne pas le confondre
Un jeune surmulot peut être pris pour une souris. La différence se voit à la tête, proportionnellement plus grosse, et aux pattes, plus robustes. Si vous avez un doute, notre fiche sur la souris domestique détaille les critères qui permettent de trancher.
Où vit-il en Île-de-France ?
Le surmulot est un animal terrestre et fouisseur. Il occupe de préférence les niveaux bas : réseaux d'égouts, galeries techniques, vides sanitaires, caves voûtées des immeubles haussmanniens, locaux à vélos et locaux poubelles. En surface, on le rencontre dans les squares, les berges, les jardins de pavillons et les talus ferroviaires, où il creuse des terriers.
Il remonte rarement très haut dans les étages, mais il emprunte volontiers les colonnes d'évacuation, les gaines techniques, les vide-ordures encore en service et les passages de canalisations mal rebouchés. Les chantiers de voirie ou de rénovation, qui perturbent ses galeries, le poussent parfois à chercher de nouveaux abris dans les bâtiments voisins. Notre article sur les rats à Paris revient sur ces facteurs.
Les signes qui trahissent sa présence
Comme il sort surtout la nuit, on voit plus souvent ses traces que l'animal lui-même. Soyez attentif à :
- des crottes foncées, en forme de fuseau, d'environ 1 à 2 cm, souvent regroupées le long des murs ;
- des traces de rongement sur les sacs, les portes de caves, les gaines électriques ou les tuyaux en PVC ;
- des coulées : chemins répétés le long des plinthes, avec des marques grasses et sombres laissées par le pelage ;
- des terriers au pied des murs, dans les massifs ou sous les dalles, avec de la terre fraîchement remuée ;
- des bruits de grattement dans les doublages, les faux plafonds ou sous le plancher, surtout en début de nuit ;
- une odeur d'urine forte et persistante dans les pièces confinées.
Des grattements dans les cloisons peuvent aussi venir d'une souris : le volume des crottes et la taille des trous rongés aident généralement à faire la différence.
Pourquoi il ne faut pas laisser faire
Les risques pour la santé
Le surmulot peut porter divers agents pathogènes. Le plus connu est la bactérie responsable de la leptospirose, transmise principalement par l'urine, notamment au contact d'eau ou de sols souillés. Les rongeurs peuvent aussi contaminer les aliments et les surfaces (salmonelles, par exemple) et héberger des puces ou des tiques. Une morsure, rare, doit toujours être montrée à un médecin.
Les dégâts matériels
Ses incisives poussent en continu et il doit ronger pour les user. Il s'attaque ainsi aux câbles électriques, avec un risque de court-circuit, aux canalisations souples, aux isolants, aux portes en bois et aux denrées stockées en cave. Ses terriers peuvent aussi fragiliser des dallages ou des talus.
Une population qui grandit vite
Une femelle peut avoir plusieurs portées par an, de souvent 6 à 12 petits, après une gestation d'environ trois semaines. Quelques individus non traités peuvent donc rapidement devenir une colonie.
Les bons réflexes dès les premiers signes
En attendant l'intervention d'un professionnel, quelques mesures simples limitent l'attractivité des lieux :
- Supprimez l'accès à la nourriture : poubelles bien fermées, croquettes et graines rangées dans des boîtes hermétiques, aucun sac de déchets laissé au sol.
- Ne touchez pas les crottes ni les cadavres à mains nues : portez des gants, humidifiez avant de ramasser pour éviter de soulever des poussières, puis lavez-vous les mains.
- Notez où et quand vous observez les traces : ces informations aident le technicien à localiser les passages.
- En immeuble, prévenez le syndic ou le gestionnaire : un rat dans une cave concerne rarement un seul lot. Notre article sur qui paie la dératisation en copropriété apporte des repères généraux.
Évitez en revanche de manipuler des raticides : ils sont dangereux pour les enfants et les animaux de compagnie, et un rongeur empoisonné peut mourir dans un endroit inaccessible.
Comment se déroule une dératisation professionnelle
Le diagnostic
Le technicien commence par inspecter les lieux : caves, local poubelles, cour, réseau d'évacuation, extérieurs. Il identifie l'espèce, évalue l'importance de la population et repère les points d'entrée et les zones de passage.
Le traitement
Le dispositif repose généralement sur des postes d'appâtage sécurisés, fermés et fixés, placés sur les trajets des rongeurs et hors de portée des enfants et des animaux. Des pièges mécaniques peuvent compléter le dispositif lorsque l'usage d'appâts n'est pas souhaitable. Les produits biocides utilisés sont réservés aux professionnels, qui doivent détenir le Certibiocide.
Le suivi et le rebouchage
Une dératisation se joue sur plusieurs passages : contrôle de la consommation des appâts, ajustement des postes, retrait des cadavres accessibles. En parallèle, le technicien vous indique les ouvertures à obturer (grilles, passages de tuyaux, bas de portes) pour éviter le retour des rongeurs. Un rapport d'intervention récapitule les constats et les actions réalisées. Pour en savoir plus, consultez notre page dératisation à Paris.
Prévenir le retour du surmulot
La prévention passe avant tout par trois leviers : priver le rat de nourriture, lui fermer les accès et entretenir les espaces bas du bâtiment. Grilles anti-rongeurs sur les évacuations, joints refaits autour des canalisations, caves rangées et locaux poubelles nettoyés régulièrement font une vraie différence. Nos conseils pour protéger une cave et un local poubelles détaillent ces gestes.
Vous avez repéré des traces de surmulot chez vous ou dans votre immeuble ? Décrivez-nous la situation pour obtenir un devis gratuit : un technicien vous recontacte pour organiser le diagnostic.
Questions fréquentes
Comment distinguer un surmulot d'un rat noir ?
Le surmulot est plus trapu, avec un museau arrondi, de petites oreilles et une queue plus courte que le corps. Le rat noir est plus fin, a de grandes oreilles et une queue plus longue que le corps ; il fréquente plutôt les parties hautes des bâtiments.
Voir un rat dans la cour, est-ce forcément une infestation ?
Pas forcément, car les surmulots se déplacent beaucoup entre égouts et espaces verts. En revanche, des crottes, des terriers ou des traces de rongement répétées indiquent qu'ils se sont installés à proximité.
Puis-je poser moi-même du raticide ?
Nous le déconseillons : ces produits présentent des risques pour les enfants, les animaux domestiques et la faune. Un professionnel utilise des postes d'appâtage sécurisés et adapte le dispositif à la situation.



